JIM 2007, trentenaire ou la maturité de l’exception

Affiche jim 2007

Affiche jim 2007

Juillet sonne le rassemblement des fratries de cet enfant gascon pur souche. Le bébé de 1978, rêvé par un homme, inventé par une région, porté par la destinée, est à quelques semaines de son intronisation parmi les grands événements culturels de ce début de siècle en Europe. Une épopée va déclarer son mythe le 30 juillet prochain.

Jazz In Marciac, (JIM pour les initiés), est en effet le festival de musique qui peut se targuer d’un pied dans la roublardise et d’un autre dans l’audace, voire l’insolence. L’adolescence du siècle dernier, ses mains tendues, son talent, et la maturité d’aujourd’hui, son exceptionnelle longévité, sa maîtrise de l’interdisciplinarité, lui confère tous les atours propres à ravir les esprits attentifs à l’aboutissement de la qualité. Si ce nomade métissé des alliances jazzistiques frappe à nos portes du haut de ses trente bougies, c’est qu’il n’a de cesse de se diriger vers la lumière comme de l’attirer.

Grand zénith de province pour les uns, temple de recettes pharaoniques pour d’autres, il faut lui rendre l’honneur de cet attrait : c’est en soldat méritant que Jazz In Marciac a su séduire les aînés (Guy Laffitte, Winton Marsalis,,) et traduire le jazz contemporain sur une scène multiculturelle, avec plusieurs prestations par soirée, une programmation plurielle, ambitieuse, une ambiance de club de jazz post-médiéval par delà les frontières de son chapiteau.

Et puis, retournons à l’essentiel : si la bastide de la départementale 3 n’est pas au goût de tous, c’est bon signe. Il suffira alors de favoriser ce qu’elle produit de mieux : une quinzaine de soirées pour une trentaine d’artistes à voir, entendre, ou revoir, esthétique chapelet dont il serait dommage de se priver tant il égrène à la fois la tradition et l’exclusivité moderne.

Le don de l’exception

Le jazz de Marciac est collectif, articulé, individué. Avec cette trentième édition, JIM affirme son caractère de rhizome. Il n’est pas de meilleure preuve que d’entamer son trentenaire avec l’un des trio venus du Nord les plus en vogue actuellement (E.S.T.) et de le clôturer avec le pape arrangeur de l’afrogroove (Manu Dibango) à la renommée enracinée dans les 70’s.

De l’acronyme au patronyme, du trio à la formation dense ou au Big Band, du contemporain à l’immersion dans la généalogie de la discipline, du septentrional au cap vers le sud, JIM labellise plus que jamais sa spécificité.

Le titre de complétude est remis en jeu avec encore l’exclusivité européenne d’une légende (Sonny Rollins), ainsi que Wayne Shorter et Chick Corea ou encore Joe Cocker. L’Essence, précédée ou pas de l’innovation, s’incarnera plusieurs fois dans le souffle de l’ambassadeur d’honneur avec Winton Marsalis, dans la connaissance toujours renouvelée de Hank Jones ou Randy Weston, la racine Blues et la délicieuse voix de l’Afrique éternelle et ses accointances.

Les excursions de JIM chez les latins sont connues et reconnues, cette année encore il s’agira de chalouper au chapiteau pour plusieurs soirées au gré des styles variés de Roberto Fonseca, chapeau enchanteur du chapiteau et des allitérations latinos, ou du préoccupé ministre de la Culture brésilien Gilberto Gil. La gascogne klaxonnera fort avec les renommés Skatalites (bon pied bon oeil), Tuxedo Big Band, NY Ska Jazz Ensemble, ou tout en caresse avec les cordes sensibles – naturelles ou nylons – d’Al Di Meola, Diane Reeves, des incontournables et virtuoses manouches.

Et que dire des inclassables comme Pat Metheny ou Brad Mehldau, Stanley Clarke, Madeleine Peyroux, des fusionneurs John Zorn ou Dave Douglas ?

Et bien comme le dirait René Char, « Ici, on remercie« .

(Initialement rédigé pour et publié par FroggyDelight.com)

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