Médéric Collignon, un an après

Entre l’hôtel et la loge, et après une entrée tout en klaxon dans le Marciac entre deux eaux de 18h00, Médéric Colignon me reçoit avec enthousiasme. Entretien dix mille volts teinté d’un gramme de stress avant son premier et gros concert sous chapiteau (5000 places)…

Quel effet ça te fait de passer du bis au chapiteau depuis l’an dernier ?

Médéric Collignon : C’est un très grand plaisir. J’ai envie de m’appliquer et que mes potes vivent leur truc à fond. Ça fait quand même plus de dix ans qu’on se connaît. Ce que je voudrais, c’est parvenir à un concert vivant, pas une image figée. Je veux m’amuser mais aussi arriver à une sorte d’autogestion ; qu’on le mène à bien et pour le mieux.

Quel est le but pour toi quand tu revisites des grands classiques comme Gershwin, Morricone depuis tes deux derniers albums ?

Mais je viens du classique ! Le classique n’est pas un mot qui me fait peur, c’est ma formation (ndr : au conservatoire de Charleville Mézières). Et puis je fais ce que tous les jazzmen ont fait avant moi, Chet Baker, Don Cherry, et tout ça… Je revisite à ma façon tout ça qui est déjà connu. J’essaie de fondre ma musique dans celle de Morricone, comme tout le monde en jazz.

De plus en plus d’artistes que nous interviewons ici enseignent. Qu’en est-il pour toi ?

J’enseigne pas mais j’aime quelque chose comme transmettre : de l’énergie à faire passer, du plaisir, enfin bref un geste musical encore une fois ! Oui je sais je répète toujours ce mot…

Tu me l’as déjà dit l’année dernière effectivement…

Oui mais c’est ça quoi ! De l’envie, une démarche, une attitude pour la musique.

Iras-tu boeufer avec The No Smoking Orchestra ? (prog du soir, ndr)

Ouh laa ! Non je suis pas là pour me faire inviter, je vais manger d’abord !.. et puis je vais écouter. Déjà, j’ai mon concert à faire (rires).

Et s’ils t’invitent ?

Bon d’accord, s’ils m’invitent, je chanterai.

Es-tu sensible au fait qu’exceptionnellement JIM permet un public debout pour ta soirée ? (les places sous chapiteau sont assises, à Marciac, ndr)

C’est fun, oui ! C’est carrément ce que je voulais. Je préfère entendre leurs pas plutôt que celui des chaises et des petits toussotements retenus !

Bon, c’est le dernier Jazz Au Coeur de l’édition 2008, on se permet de te demander un petit mot pour les bénés qui font vivre ce festival …

Et bien bon courage ! Et continuez…

(Initialement réalisé pour le journal Jazz Au Coeur)

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