Enlevez vos chaussures

Shoes off! Le court métrage du soir qui m’a bien plu…

Souvent les courts métrages partent d’une idée simple, dotée d’une narration synthétique et très efficace. On y sent déjà toute la patte de ce qui fera, parfois, des réalisateurs incontournables. Bref c’est l’excellente école de la promptitude où n’importe quel sujet à forte tendance à la banalité devient un objet d’art qui vous magnétise dès les dix premières secondes.

L’ascension des bottes

Stuart, la trentaine, sort de sa torpeur existentielle grâce à une montée en ascenseur. Il se trouve derrière une magnifique chevelure blonde présageant de bien belles promesses, mais il n’a qu’un accès visuel à la créature très limité. Il en remarque surtout les bottes : noires et montantes, l’écrin de cuir d’un double conte charnel.

Stuart se laisserait manifestement bien raconter quelques histoires, donc. Quatorze étages pendant lesquels deux rivaux d’ascenseur (les pires) se font éconduire dans un jeu de pieds sacrificiel et drôlatique. Au quatorzième, il sont seul, il est toujours derrière, et comme beaucoup d’hommes depuis la nuit des temps, les mots lui restent dans la gorge au moment où ils auraient pu être le plus utiles du monde. L’abordage est raté, la la porte se referme, la messe est dite.

Post-it or live-it ?

Rentrant chez lui abattu, sa messagerie lamentablement muette et sa brosse à chiottes flambant neuve à la main, un post-it lui rappelle effectivement la mission brosse-à-chiottes, mais aussi… « Start to live dangerously« . La journée pourrait se terminer sur une case cochée comme une chasse d’eau tirée, mais il manque les selles le sel de la dernière recommandation. Stuart part pour un footing nocturne.

… une astuce scénaristique le remet sur la route de la belle, dont il ne peut reconnaître que les bottes à la portière d’un taxi. Il la file (ce qui lui permet de terminer son jogging) et l’aperçoit dans une soirée pendaison de crémaillère. Il court alors se changer en fringant working-boy qu’il est, coche la mission encore incomplète sur le post-it de référence, et tente une percée dans la soirée.

Mais c’est une soirée-moquette, shoes off, chaussures interdites… Comment retrouver la belle aux bottes dormantes ?

Le tout servi sur un fond lyrique, comme une boutade à la fausse dramaturgie qui guette notre trentenaire, pour qui l’Amour avec majuscule se tient dans une paire de bottes sans compte facebook, Shoes off! est encore un petit bijou d’humour aigre-doux. Alors je vous l’offre…

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