L’homme qui voulait réaliser L’Homme qui Voulait Vivre sa Vie

 Il y avait, dans cette histoire, tout le petit bois incandescent pour faire un grand film.
Entendons-nous bien, c’est un chouette film (synopsis), ici la ligne éditoriale n’est pas de descendre une création (trop facile) (et on est pas chez Ruquier), mais de partager des expériences personnelles (et même opaques, parfois) pouvant parfois inviter à… Il y a ceux qui creusent, plantent et arrosent, et ceux qui commentent la couleur de la tomate. Moi je mange.

Tout pour faire un grand film, disais-je. Malheureusement, malgré la plus grande motivation qui m’animait à l’annonce de l’histoire d’un type qui va grimper sa montagne toujours contournée jusque là avec un appareil photo en guise de piolet, je suis sorti un peu dubitatif. Heureux pour lui, pour ces acteurs impeccables, pour le message et pour la photographie, mais langui : trop de longueurs à mon goût, un rythme qui se cherche et se perd dans l’étrange scission quasiment chrono-symétriques entre deux parties d’une vie, deux mondes, deux postures qui ne se parleront plus jamais. Je n’ai pas encore décrypté si c’est la première ou la seconde partie qui s’avère résolument trop attentiste à mon goût, mais grosso modo les deux souffrent d’une addition d’une bonne quinzaine de minutes superflues.
/!\ La suite de cet article dévoile des scènes stratégiques du film…

Sans compter quelques bizarreries dans le réalisme de situation, j’ai du mal avec cette rapidité incongrue avec laquelle, en quelques clichés portuaires, un type trentenaire se fait si bien (re)connaître du monde avare des juges et des prix alors que, comme le lui dit son malheureux voisin, il a bien été, plus jeune, un jour, « dans la course » : n’a-t-il donc pas même réalisé 10 clichés au cours de son vieux rêve pour vérifier son génie ?

Et au passage, on tire pas vraiment de la couleur avec un Axomat 4, parole de tireur sous Meopta ;-) (non maman, c’est pas un cachet de drogue)
Egalement, débarqué manu militari d’un bateau en pleine mer (mise en scène relativement convaincante), il sauve une pelloche « témoin » d’un horrible crime dont il fera collatéralement les frais, et parvient à la refourguer intacte à la presse contre sonnant et trébuchant. J’aurais aimé entrevoir plus de chair scénaristique dans cette fin, plus de matière à voir, j’ai eu clairement l’impression que la scène (compliquée) était tournée et qu’elle devait alors s’y trouver montée, tandis que la chute en soi semble précipitée.

L’un vola sa femme à celui qui volera son identité sans billet retour, pour le meilleur quand il se réalisera, pour le pire quand il sera acculé par le mensonge : j’ai l’impression qu’Eric Lartigau a lui-même eu de la difficulté à faire le point sur le choix entre deux volets d’une démonstration dont l’écriture, au final, m’est apparue bien laborieuse.
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